Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/64

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À eux deux ils parvinrent, non sans peine, à traîner l’énorme animal, qui se leva aussitôt sur ses pattes de derrière, se jeta sur l’enfant et le renversa d’un coup de poitrail. Georget se releva prestement de sa culbute et revint prêter main-forte à son père, qui commençait à bourrer de coups de pied le dogue si bien dressé par la perfide Amanda.

Vigoureux fit bientôt piteuse mine. La muselière improvisée l’avait mis hors d’état de se défendre et l’empêchait de laisser tomber la cassette de son maître.

Camille, stupéfaite, se demandait ce que cette boîte pouvait contenir et ce que l’ingénieux Courapied allait faire de son prisonnier.

Le pitre vint au-devant des questions qu’elle allait lui adresser.

— Maintenant, mademoiselle, dit-il d’un air triomphant, nous tenons notre homme… ou du moins, nous l’aurons quand nous voudrons. Avec un limier comme cette bête-là, je suis sûr de retrouver Zig-Zag. Et je me mettrai en chasse dès ce soir.

— Pourquoi pas maintenant ?

— Parce que, en plein jour, les voyous me courraient après, et les sergots voudraient savoir ce qu’il y a dans la boîte.

— Moi aussi, je voudrais le savoir, murmura Camille.

— Ça m’étonnerait qu’il y ait de l’argent. Quand Zig-Zag en a, il le fait danser, et il n’a pas laissé là-dedans celui qu’il a volé à votre père. Tenez, chaque fois que Vigoureux se secoue, ça sonne la vieille ferraille, mais ça ne sonne pas les écus.

— La somme que Zig-Zag a prise était en billets de banque.