Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/80

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


— Je ne dis pas non… à condition que votre ami sera de l’expédition.

— N’y comptez pas, dit vivement Julien.

— Tu viendras, reprit Fresnay, car je vais te mener dans un monde où tu as des chances de rencontrer l’assassin de l’associé de ton père. Et tu as promis à mademoiselle Monistrol de l’aider à retrouver ce gredin.

— Qu’est-ce que c’est que mademoiselle Monistrol ? demanda tranquillement la soi-disant comtesse de Lugos.

— C’est la fille de l’inventeur dont je vous parlais tout à l’heure et dont les journaux vous ont raconté la mort tragique. Moi, je n’ai fait que l’entrevoir et je ne sais trop si je la reconnaîtrais, mais mon ami Gémozac est destiné à la rencontrer souvent et il lui est tout dévoué.

— Je te prie de te taire !… dit Julien avec colère.

— Ne vous défendez pas, monsieur, d’un sentiment qui vous honore, reprit la noble étrangère. Cette enfant est seule au monde, à ce qu’il parait. Il est tout naturel que vous vous attachiez à elle, et si réellement elle songe à venger son père…

— Elle ne songe qu’à cela, s’écria Fresnay.

Et comme Julien ouvrait la bouche pour lui imposer silence, l’impitoyable bavard ajouta :

— C’est toi qui me l’as dit. Tu m’as dit aussi qu’elle a juré d’épouser l’homme qui arrêtera l’assassin… et c’est une jolie prime à gagner, que la main de mademoiselle Monistrol, puisque l’invention de son papa doit rapporter des millions. Je me serais peut-être mis sur les rangs, mais cette demoiselle doit avoir une dent contre moi… et d’ailleurs, je puis mieux employer mon temps.

Fresnay, pour souligner cette dernière phrase, lança