Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/83

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— Prends garde qu’elle ne te mène plus loin que tu ne voudrais aller ! Cette créature est une drôlesse de la pire espèce, et son M. Tergowitz ne vaut pas mieux qu’elle. Je l’ai vu, moi, pendant que tu roucoulais sottement avec la belle. Il était planté sous la terrasse et ils échangeaient des signes. Je suis sûr qu’ils s’entendent comme larrons en foire et ils t’en feront voir de belles, si tu es assez fou pour te lancer dans l’intimité de la dame. Peu m’importe après tout. Casse-toi le cou, si tu veux, mais ne prononce plus jamais mon nom devant ces gens-là…

— Ni celui de mademoiselle Monistrol… c’est entendu. Il est probable, du reste, que la comtesse n’a retenu ni l’un ni l’autre, et très certain qu’elle ne s’attend pas à te revoir, car tu ne lui as dit tout le temps que des choses désagréables.

— Je ne lui en ai pas dit assez. Cette femme me déplaît… autant qu’elle te plaît, et ce n’est pas peu dire. J’ai le pressentiment qu’elle me fera du mal.

— Comment diable s’y prendrait-elle pour te nuire ? Tu es décidé à ne pas aller chez elle, et vraisemblablement tu ne la trouveras jamais sur ton chemin. Et, du reste, pourquoi chercherait-elle à te jouer un mauvais tour ? Tu n’as pas été poli avec elle, mais ce n’est pas une raison suffisante pour qu’elle te déclare la vendetta.

— Si je te disais que je suis à peu près sûr de l’avoir déjà vue ailleurs et sous un autre costume…

— Pas dans le monde, je suppose… tu n’y vas plus… ni chez une des horizontales que tu fréquentes… il y en a ce soir une flotte sur la terrasse où nous dînons… toutes ont examiné ma Hongroise et j’ai fort bien vu que pas une ne la connaissait.

— C’est possible, mais tu ne m’ôteras pas de l’esprit