Page:Fournier - Mon encrier (recueil posthume d'études et d'articles choisis dont deux inédits), Tome I, 1922.djvu/113

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MON ENCRIER

tique : « Ce soir vous vous mettrez des mouches noires… Vous avez une congestion : ça pourrait devenir dangereux. »

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Au moment que j’entrai en prison, je souffrais d’une dépression qui inspirait de vives craintes à mon médecin. Les nuits blanches du Nationaliste m’avaient complètement épuisé et ma santé, paraît-il, était aussi compromise que possible.

Je me hâte d’ajouter, pour rassurer mes nombreux ennemis, que j’ai eu le temps, depuis, de me remettre. À l’heure où j’écris ces lignes, je ne suis pas loin de peser le poids d’un député ordinaire ; mes muscles s’affermissent chaque jour, on dit même que je prends du ventre, et si je continue je serai bientôt aussi épais qu’un numéro de la Presse.

Mais en 1909 j’étais loin de pouvoir en dire autant. Mon médecin m’abreuvait sans relâche de toniques, et je me rappelle fort bien que durant les deux mois — notamment — qui précédèrent ma condamnation, je ne pus me tenir debout qu’à force de suralimentation.

Je voulus savoir du docteur R*** s’il faisait, au point de vue de ma santé, une différence quelconque entre les viandes saignantes et le skelley. Il m’assura qu’il n’en voyait aucune.