Page:Fournier - Mon encrier (recueil posthume d'études et d'articles choisis dont deux inédits), Tome I, 1922.djvu/124

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QUÉBECQUOIS [1]

Lorsqu’en 1911 les Québecquois parlèrent pour la première fois de réunir dans leur ville un Congrès pour la défense du français, l’Association Saint-Jean-Baptiste de Montréal applaudit des des deux mains et, sans perdre un instant, chargea quelques-uns de ses membres les plus actifs de se mettre à la disposition des organisateurs de l’entreprise. C’était tout naturel.

Aujourd’hui que de Montréal part le mouvement analogue de la Pensée Française — simple corollaire, pour le dire en passant, de l’œuvre du Congrès, — les Québecquois nous font savoir qu’ils n’en sont pas, qu’ils n’en veulent pas être, et que nous ayons dans cette affaire à nous arranger seuls… C’est non moins naturel.

Il faudrait pour s’en étonner ne pas connaître Québec. Il faudrait ignorer le trait de caractère qui, avec l’amour de l’encroûtement et la vanité bouffonne, fait le fond même de l’âme québecquoise : c’est à savoir une défiance irréductible de tout ce qui n’est pas de Québec, compliquée, à

  1. Paru dans l’Action du 17 mai 1913, puis publié de nouveau, en guise de préface, dans un album de caricatures intitulé Nos Amis les Québecquois.