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LA FAILLITE (?) DU NATIONALISME

brouillées, de plus suspectes. Aucun ne s’était encore montré, dans un même débat, à la fois si fort et si faible, d’une raison si rigoureuse et d’une inconséquence si désordonnée. Aucun n’avait apporté pareille constance à défaire au fur et à mesure son propre ouvrage, à détruire les uns par les autres ses raisonnements, à ruiner, en les voulant fortifier ou simplement embellir, ses plus solides constructions, ses démonstrations les mieux assises.

Nous nous trouvons ici en présence d’un de ces contrastes comme il y en a tant dans l’œuvre et dans la personnalité de M. Bourassa, et qui rendent si difficile, de prime abord, l’intelligence de l’une et de l’autre : cet homme qui s’est tant dépensé pour l’idée nationaliste, qui en a été à la fois le père, l’apôtre et quasi le martyr, qui lui a donné sans compter le meilleur de sa vie et le plus précieux de son effort, cet homme se trouve être celui de tous, en définitive, qui lui aura porté les coups les plus sensibles.

Le plus dangereux adversaire, en effet, qu’ait encore trouvé cette idée, celui qui a fait plus que tout autre contre les principes chers à M. Bourassa, ce n’est ni le Canada ni la Presse, — ni M. Lafortune, député de Montcalm, ni M. Gauthier, député de Saint-Hyacinthe. Ce n’est pas davantage M. Rainville, — M. Sévigny, — M. Blondin. Ce n’est pas M. Rodolphe Lemieux,