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LA FAILLITE (?) DU NATIONALISME

que 43 millions ; et on avoue déjà qu’il va coûter 160 millions, et tout le monde admet qu’il coûtera plus de 200 millions.

En deuxième lieu, si l’on souhaite si vivement cette marine, ce n’est point du tout en vue de la défense du Canada, mais bien seulement pour en faire cadeau à l’Angleterre. — Que la loi réclamée par M. Laurier autoriserait le gouvernement canadien, en cas de guerre dans n’importe quelle partie du monde, à mettre la flotte canadienne au service de l’Angleterre, nous en avons l’aveu même du premier-ministre (« Quand l’Angleterre est en guerre, le Canada est en guerre… »). Mais il y a plus. Il y a que cette flotte, conçue d’après les données de l’Amirauté britannique, serait, non pas une flotte de défense locale, comme on nous l’affirme, mais bien une flotte d’attaque, essentiellement propre aux opérations lointaines. En voulez-vous la preuve ? Vous la trouverez dans le double témoignage du ministre anglais de la marine, M. McKenna (voir le Rapport de la conférence coloniale tenue à Londres en juin 1909) — et de M. Laurier lui-même.

Ce que M. McKenna a demandé au Canada et à l’Australie (ainsi qu’il vient d’être démontré par les propres paroles du ministre), ce ne sont pas des flottes côtières, composées de vaisseaux de défense, mais, au contraire, des flottes rapides, prêtes à voler sur les mers au premier coup de télégraphe envoyé d’Angleterre ; et c’est ce que le gouvernement canadien lui accorde.

M. Laurier l’a reconnu implicitement, ou plutôt il a confirmé les paroles de M. McKenna lorsqu’on expliquant le projet de loi il a déclaré que l’on avait adopté le modèle des