Page:Fournier - Mon encrier (recueil posthume d'études et d'articles choisis dont deux inédits), Tome I, 1922.djvu/196

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
181
LA FAILLITE (?) DU NATIONALISME

su un seul instant si elle lâcherait ou non la Triple Entente :

Dès le premier signal de tempête (en effet, suivant lui), le ministre britannique, avant même d’avoir consulté ses alliés éventuels, lie partie avec l’ambassadeur d’Allemagne. Il repousse nettement les avances pressantes de la Russie : il rejette les conseils de M. Cambon et de M. Paléologue ; il dédaigne les avertissements de l’Italie ; il marche d’accord avec le Prince Lichsnowsky.

Deux jours après la déclaration de guerre de l’Autriche à la Serbie, il poursuit encore ses négociations à Berlin…

Le moins qu’on puisse dire, c’est que, trois jours avant le déclanchement général, la Triple Entente était fort précaire.

Ces lignes sont du 10 septembre. — Poursuivant, le lendemain, son analyse du dossier impérial, M. Bourassa montre que, " deux jours après la déclaration en fait des hostilités, l’Angleterre n’avait pas encore décidé si elle prendrait une part active à la guerre, comme alliée de la France et de la Russie”. — Enfin, dans son article du 12, il établit que la veille même de la mobilisation allemande sir Edward Grey offrait à l’Allemagne, « hors la connaissance des représentants de la France et de la Russie », un engagement conditionnel de neutralité « dont l’acceptation eût entraîné l’abstention de l’Angleterre, même si la France était attaquée, même si la Belgique était envahie ».

Conclusion : « Fidèle à la grande tradition britannique, sir Edward Grey, dans cette affaire, a été avant tout et par-dessus tout l’homme