Page:Fournier - Mon encrier (recueil posthume d'études et d'articles choisis dont deux inédits), Tome I, 1922.djvu/197

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
182
MON ENCRIER

de son pays. C’est là, la leçon que je voulais tirer de cette étude. Il me paraît que le Canada ne saurait mieux reconnaître son loyalisme qu’en s’inspirant des exemples de la grande nation à qui il a emprunté ses institutions politiques. » (Cf. le Devoir du 14 septembre.) — Autrement dit, sachons montrer pour notre compte autant d’égoïsme national que les Anglais en montrent pour le leur, et, puisque partout et toujours ils ne pensent qu’à eux, ayons, nous aussi, le bon esprit de ne penser qu’à nous.

Est-ce à dire que M. Bourassa nous voudrait voir assister en indifférents au grand conflit ? — Pas le moins du monde, allez-vous répondre, puisque, par ailleurs, il a eu soin de marquer bien nettement que nous avons, selon lui, « un intérêt vital au maintien » de l’Angleterre, et donc, du point de vue purement canadien, le devoir strict de lui porter secours (article, déjà cité, du 8 septembre).

Oui, oui, sans doute… Seulement (encore !), seulement l’Angleterre a-t-elle besoin de notre intervention ? — C’est tout ce qu’il y a de plus improbable, déclare-t-il non moins nettement dans le même article, ruinant ainsi, du coup, sa proposition au moment précis qu’il l’énonce :

La Grande-Bretagne elle-même (en effet — j’ai déjà cité ces lignes) court dans cette guerre un minimum de danger et y trouvera, quoi qu’il arrive, de fort beaux bénéfices.

La supériorité écrasante de sa flotte dépasse tout ce qu’en