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MON ENCRIER

Malgré quoi il n’en donnait pas moins, comme on l’a vu, son « acquiescement sincère à l’acte très grave posé par le parlement »…

Encore une fois, ou cette politique était bonne le 8 septembre, ou elle était mauvaise. — Si elle était mauvaise, pourquoi M. Bourassa, surtout la sachant telle, l’approuvait-il ? — Si elle était bonne, elle l’était tout de même les mois suivants.

II. — Cette explication suppose ensuite que, dans le même temps, ce n’était point l’intervention en elle-même que combattait M. Bourassa, mais bien seulement le caractère impérialiste qu’on lui voulait donner, ainsi que les proportions exagérées qu’elle menaçait de prendre.

Or — la preuve en a été faite ci-dessus, je crois, assez clairement — or, nous voyons que dans ses articles, disons d’octobre 1914, ce n’est pas seulement le principe d’une intervention de cette espèce qu’il s’attachait à démolir, mais tout aussi bien celui d’une intervention « nationale » et « raisonnable », telle qu’il l’avait lui-même demandée.

Qu’on se rappelle seulement ce qu’il écrivait pour lors touchant la Russie — qui ne méritait pas notre aide, — l’Angleterre — qui n’en avait pas besoin, — la France enfin — en faveur de qui l’on ne pouvait faire appel aux Canadiens français sans courir au-devant de la guerre civile (eh oui !) — etc., etc. ; et après cela que l’on nous dise, si