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MON ENCRIER

énormes en terres et en argent. Seulement en 1908-09, le trésor fédéral leur versait, en espèces sonnantes et trébuchantes, près de deux millions, soit exactement $1,785,887.39 (voir Rapport de l’Auditeur général, 1908-09, vol. III, p. W. - 5). Notez bien ces détails ; ils nous serviront dans un instant.

De plus, les chemins de fer ont tous les ans à présenter quelques nouveaux bills comportant les demandes les plus exorbitantes. Ils réussissent généralement à les imposer, avec des modifications la plupart du temps légères. Mais toujours ou presque toujours ces faveurs leur coûtent cher. On se fera difficilement une idée des sommes folles qui se dépensent au parlement fédéral, chaque année, dans les intérêts du Grand-Tronc, du Canadien-Pacifique, du Canadien-Nord. Ce sont les députés qui en profitent.

Je ne veux pas dire les députés de la province de Québec. Non ; sauf quelques exceptions, ceux-ci n’ont pas l’habitude des pots-de vins.

Est-ce honnêteté ? me direz-vous. Votent-ils donc contre ces projets ?

— Non.

— Alors, c’est qu’ils font comme beaucoup de leurs collègues anglais : en retour de leur vote, ils obtiennent sans doute des compagnies, pour leurs comtés, des faveurs précieuses ?