Page:Fournier - Mon encrier (recueil posthume d'études et d'articles choisis dont deux inédits), Tome I, 1922.djvu/96

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NOTRE DÉPUTATION


Et l’on fume du tabac Quesnel. À peine si l’on s’aperçoit à travers la fumée.

Observez-les bien.

Leurs fauteuils sont profonds et moelleux. Des calorifères bien réglés entretiennent en tout temps autour d’eux une chaleur bien tempérée. Ils savent qu’ils trouveront au logis, en rentrant, (à moins que ce soit au restaurant de la Chambre), un repas appétissant. Leur traitement les attend à la fin du mois, et il n’y aura sûrement pas d’élections avant trois ans… Ils ont donc le cerveau parfaitement libre ; car de quoi s’occuperaient-ils ?

La casquette ou le chapeau rabattu sur la figure, les yeux mi-clos dans une attitude de béat contentement, chacun d’eux, — dans la tiède atmosphère de la salle, — se laisse vivre doucement, d’une vie reposante et purement végétative, comme une plante — comme un légume.

Et c’est ça, notre députation !


IV


Ils ne furent pas toujours ainsi. On se rappelle un temps où la province de Québec pouvait avec raison se glorifier de sa députation fédérale. Il y a seulement dix ans, nous aurions trouvé sans peine, parmi les libéraux de chez nous, une vingtaine peut-être d’hommes distingués, dont la présence à Ottawa ne contri-