Page:Frébault - Apothicaire et perruquier.djvu/12

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BOUDINET.

Quant à moi, je vais m’occuper des derniers préparatifs, puis nous irons chez le tabellion.


CHILPÉRIC, se levant.

Mais alors, il faut que j’aille…


BOUDINET, le forçant à se rasseoir en lui pesant sur les épaules.

Ne vous gênez pas, je vous dis, je reviendrai vous prendre tout à l’heure. Eh ! eh ! eh ! ces jeunes gens, c’est impatient… Un vrai salpêtre !… (Il sort.)


Scène III

CHILPÉRIC, seul ; il mange.


Singulière aventure : je débarque hier de la ville où j’ai fait mes premières armes pour entrer chez un des premiers artistes de la capitale. Ce matin, le patron me dit d’une voix sarcastique : « Chilpéric, vous avez à Carpentras une certaine réputation, je veux voir si elle n’est point usurpée. Vous allez vous rendre immédiatement rue du Singe, chez M. Boudinet, pour coiffer sa fille qui se marie aujourd’hui. Alors j’arrive ici avec une idée de coiffure luxuriante. Un vieillard obèse me presse sur son thorax, me frappe sur l’épigastre, m’entretient d’une foule de choses incohérentes, s’empare de mon paquet et me fait asseoir à cette table… c’est un galimatias à n’y rien comprendre. De deux choses l’une : ou ce vieillard est dans un violent état d’aliénation mentale, ou il a la bosse de l’hospitalité étrangement développée… Enfin, ce jambon est excellent… ce vin se laisse boire… Le vieux m’a dit de ne pas me gêner. (Il mange et boit.) Mais, la mariée ?… sa