Page:Fréchette - Poésies choisies, I, 1908.djvu/52

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Qui s’ouvrent dans le port, prêts à quitter la côte.
C’est un jour solennel, jour de la Pentecôte.
La cathédrale a mis ses habits les plus beaux ;
Sur les autels de marbre un essaim de flambeaux
Lutte dans l’ombre avec les splendeurs irisées
Des grands traits lumineux qui tombent des croisées.

Agenouillés auprès des balustres bénits,
Un groupe de marins que le hâle a brunis,
Devant le Dieu qui fait le calme et la tempête,
Dans le recueillement prie en courbant la tête.
Un homme au front serein, au port ferme et vaillant,
Calme comme un héros, fier comme un Castillan,
L’allure mâle et l’œil avide d’aventure,
Domine chacun d’eux par sa haute stature.
C’est Cartier, c’est le chef par la France indiqué,
C’est l’apôtre nouveau par le destin marqué
Pour aller, à travers la grande mer qui gronde,
Porter le verbe saint à l’autre bout du monde !
Un éclair brille au front de ce prédestiné.
Soudain, du sanctuaire un signal est donné,