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ENFANTS DU ROI.

neur. Ce passage du royal enfant des mains des gouvernantes en celles du gouverneur faisait l’objet d’une cérémonie à laquelle assistait la Faculté. Elle constatait, dans un procès-verbal, l’état de santé du jeune prince, le comparait avec celui où il se trouvait au moment de sa naissance, et reconnaissait par là que les accidents survenus dans cet intervalle ne pouvaient être attribués au peu de soins de ses premières maîtresse. Le Dauphin pleura beaucoup en se séparant de madame de Polignac ; mais la douceur de M. d’Harcourt et les soins de sa femme l’eurent bientôt consolé.

Je ne sais qui avait donné à Louis XVI l’idée d’appeler M. d’Harcourt à diriger l’éducation du Dauphin. L’ancienneté de sa maison, sa douceur, sa politesse, et même certaines connaissances ne suffisaient pas pour bien élever un enfant destiné à s’asseoir sur le premier trône de l’Europe. M. d’Harcourt manquait d’énergie et de caractère ; et ses liaisons, sa parenté avec une des premières maisons de l’Angleterre, où une branche de sa famille s’était établie sous le règne de Philippe de Valois, paraissaient devoir l’exclure de cette place de confiance. Qui ne sait que les rois conservent toujours de la déférence pour ceux qui ont dirigé leur enfance ? Si, dès lors, Louis XVII eût régné, et que les d’Harcourt, sous son règne, eussent eu part aux secrets du gouvernement, n’y avait-il pas à craindre que leur devoir envers la patrie, combattu par la parenté et un certain penchant naturel à cette famille pour un État