Page:Franck - Le communisme jugé par l'histoire, 1871.djvu/21

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Donc, il est dû davantage à celui qui a le plus de besoins, et il est permis d’exiger davantage de celui qui a le plus de facultés. Donc, d’après la loi divine écrite dans l’organisation de chaque homme, une intelligence plus grande suppose une action plus utile mais non pas une rétribution plus considérable, et l’inégalité des aptitudes ne saurait légitimement aboutir qu’à l’inégalité des devoirs[1]. « La même idée a été exprimée par M. Louis Blanc, dans ses derniers ouvrages, principalement dans son Histoire de la république de 1848, sous une forme plus sententieuse et plus concise : « De chacun suivant ses facultés ; à chacun suivant ses besoins. »

Il faudrait nier l’évidence si l’on refusait de reconnaître dans ce système les deux traits les plus essentiels et les plus caractéristiques du communisme. C’est l’État ou la société considérée comme une personne collective, qui répartit comme il lui convient, entre ses membres, les biens dont elle dispose et dont elle est par là le seul propriétaire. C’est l’État qui prescrit aux citoyens, d’après une mesure différente pour chacun d’eux, l’emploi qu’ils doivent faire de leur intelligence et de leurs forces. Il est donc le souverain organisateur du travail, c’est-à-dire le souverain arbitre des devoirs en même temps qu’il est l’unique dispensateur des jouissances.

  1. Histoire de dix ans, tome III, chap. III, pages 109 et 110.