Page:Franck - Le communisme jugé par l'histoire, 1871.djvu/20

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


saurait prendre à sa charge toutes les existences sans posséder les moyens de soutenir un tel fardeau, et la somme de ces moyens est la même que celle des richesses que récèle le corps social. Aussi Proudhon, après la révolution de Février, quand la propriété était attaquée directement devant l’Assemblée nationale alarmée et indignée, a-t-il pu dire sans renier la foi de toute sa vie : « Accordez-moi le droit au travail et je vous laisserai la propriété. » Il savait bien qu'on ne peut accepter le premier sans voter la destruction de la dernière.


Il y a encore une définition du socialisme à laquelle il m’est impossible de ne pas m’arrêter, parcequ’elle appartient à un de nos contemporains qui a joué un rôle important dans la politique et dans la presse, qui s'est signalé comme orateur, comme historien, comme publiciste, et que deux cent mille électeurs de Paris ont envoyé récemment à l'Assemblée nationale. Selon M. Louis Blanc, « il y a deux choses dans l'homme : des besoins et des facultés. Par les besoins l'homme est passif, par les facultés il est actif. Par les besoins il appelle ses semblables à son secours, par les facultés il se met au service de ses semblables. Les besoins sont l'indication que Dieu donne à la société de ce qu’elle doit à l'individu. Les facultés sont l'indication que Dieu donne à l'individu de ce qu’il doit à la société.