Page:Franck - Le communisme jugé par l'histoire, 1871.djvu/29

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de respect sur les ruines de laquelle ne pourront germer que brutales passions et orgueil sauvage, pour savoir en quelle estime la tient la Commune, il suffit de se rappeler ce fameux décret, où admettant à une pension les veuves des gardes nationaux morts sous les armes, elle efface toute distinction entre les femmes soi-disant légitimes et les autres. La patrie, encore plus maltraitée que la famille, est formellement reniée. On a remplacé son glorieux drapeau par un autre qui ne peut guère nous rappeler que la livrée du bagne et la soif du sang. C’est celui que, dans les arènes, on agite sous les yeux du taureau sauvage pour attiser sa fureur. Est-ce le même effet que l'on veut produire sur le peuple ? Avec le drapeau de la patrie on s’efforce de répudier toutes ses traditions et tous ses souvenirs, on a décrété la destruction de ses monuments les plus chers, on voudrait supprimer jusqu’à son histoire.

Il ne faudrait pas se figurer que ces violences et ces ruines se sont rencontrées par hasard. Elles procèdent toutes du même principe, qui est celui du communisme. Pour réussir à absorber l'individu dans cette masse confuse, inconsciente, impersonnelle, qui n’est plus seulement l'Etat ou la Commune, mais la communauté, il faut le dépouiller de ses plus nobles prérogatives, de ses plus généreux instincts, de ses plus précieuses facultés ; il faut lui ôter la liberté, la res-