Page:Franck - Le communisme jugé par l'histoire, 1871.djvu/84

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de la nature ; c'est un poëme épique en prose dont le tempérament le plus robuste ne soutiendrait pas la lecture ; l’autre, intitulé le Code de la Nature est destiné à expliquer et en même temps à justifier le poëme. C’est de ce dernier seul, devenu le catéchisme de plusieurs communistes et révolutionnaires de notre temps, que je vais donner une idée. L’auteur, admettant avec Rousseau et Mably que tout est bien dans la nature de l'homme, que tous ses penchants sont bons, que tous ses mouvements le portent au bonheur et à l'amour de ses semblables, mais qu’il a été corrompu par les institutions de la société, comme si ces institutions n’étaient pas son œuvre, se propose le problème suivant à résoudre : Trouver une situation, c’est-à-dire un ordre social où il soit presque impossible que l'homme soit dépravé ou méchant. Ce problème trouve sa solution dans un plan de législation ou de constitution dont voici les bases : communauté absolue des biens et répression sévère de tout acte, de toute parole qui tendrait à faire renaître la propriété privée ; égalité politique poussée à ce point que les charges et les dignités de l’Etat ne sont pas même données à l'élection, mais qu’elles passent à tour de rôle à tous les citoyens ; disposition qui déclare chaque citoyen un homme public ayant droit à être nourri, entretenu et occupé aux dépens du public. On voit que le droit au travail n’est pas inventé d’hier. De la liberté, il n’en reste pas la