Page:Froment - Notice historique sur L'Abord-à-Plouffe, c1920.djvu/12

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tés à force de rame d’une rive à l’autre. Catierville s’appelait alors la « petite misère » et Bordeaux sa voisine de gauche la « Grande Misère. »


CHAPITRE II



LES CAGEUX


Les cages — Les plus fameux cageux — Leur disparition — La dernière cage.


Il fut un temps, et ce temps n’est pas des plus reculé, où les voies ferrées étaient excessivement rares en notre pays. Les commerçants devaient alors se servir des routes fluviales pour le transport de leurs marchandises. C’est ainsi, qu’à partir de 1775 jusqu’en 1885 à peu près, la Rivière des Prairies qui tient son nom du Sieur des Prairies, contemporain de Champlain, était devenue populaire par le transport du bois des Grands Lacs ou d’Otawa, transport qu’on y faisait en passant par le Lac des Deux Montagnes. Avant de sauter les Rapides du Moulin du Crochet, vis-à-vis la Maison Ste-Damitilde des Sœurs du Bon Pasteur d’aujourd’hui, d’énormes radeaux de madriers, de bois équarri ou de billots venant du Missisipi, du Lac Chat ou de la Gatineau étaient divisés en radeaux plus petits. Avec un radeau on en faisait parfois quatre. Ces radeaux qui étaient solidifiés avec des branches qu’on pliait à la machine s’ap-