Page:Froment - Notice historique sur L'Abord-à-Plouffe, c1920.djvu/17

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CHAPITRE III



FIGURES ET CHOSES DU PASSÉ


Venant Lemay — Charles Antoine et Martin Clermont — Les vieilles maisons. Les vieux meubles — Souvenirs d’antan.


En ces temps fameux où vivaient la gente des cageux il y avait à l’Abord-à-Plouffe un gentilhomme, aubergiste, charretier et commerçant : je veux parler de M. Venant Lemay. Venant Lemay était l’homme du jour. Il avait un grand nombre de chevaux et de voitures. Son hôtel était le rendez-vous tout désigné des voyageurs et des navigateurs. Au printemps et à l’automne surtout M. Lemay les envoyait chercher ou conduire pour une modique somme jusqu’à Long Sault ou Charlemagne. M. Lemay était d’une charité proverbiale. Les anciens s’accordent à dire de lui qu’il était d’une grande prévenance et d’une exemplaire hospitalité pour tous. Homme de haute et forte stature il savait pourtant et au besoin réprimer les excès et arrêter les chicanes. L’Hôtel Lemay était situé en un endroit propice aux coins des deux routes à la place de l’hôtel Elzéar Lagacé d’aujourd’hui. C’était une immense maison de bois derrière laquelle il y avait de plus immenses bâtiments encore et qui servaient à remiser la marchandise ou bien les 60 chevaux et 30