Page:Froment - Notice historique sur L'Abord-à-Plouffe, c1920.djvu/22

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ment les deux Lagacé, Joseph et Félix, seuls propriétaires alors de ce moulin antique et peu commode……

Et les vieilles horloges grand’père qui sonnaient si bien les heures malgré leur deux cents ans passés ! Et le vieux berceau en bois d’érable ou en chêne solide qui ne restait jamais vide ! Et les chaises berceuses avec support pour les pieds dont les mères se servaient pour endormir les petits en chantant « c’est la poulette grise » ! Et les rouets des vieilles qui filaient leur laine en songeant à leurs gas partis pour le chantier ou les cages ! Les vieux bancs-lits qu’on appelle aujourd’hui par dérision le « porte-feuille » où les enfants s’entassaient pour la nuit ! Moules à cuillères et à chandelles, fusils à plaque, miroirs sans âge, foulons, pierre à feu ! J’oubliais la huche dans laquelle se fabriquait un pain si appétissant et si nutritif ! Autant de choses qui nous parlent du passé et que l’on rencontre ici et là. Mais les collectionneurs les recherchent et ces choses antiques deviennent rares. Quand à moi j’ai mis la main sur une ceinture « l’Assomption » et le froid ne me fait plus peur……… Comme dans la chanson certain pourrait dire :


« Voici le cas que de mon père »
« Nobles débris qu’il m’a laissé.
« Je le conserverai, j’espère, »
« En souvenir du temps passé. »


Car selon la belle expression de M. Léon Mercier-Gouin, avocat et fils de Sir Lomer : « Comme un firmament tout constellé la nuit du passé nous apparaît toute diamentée d’étoiles souriantes » Regardons dons souvent ce passé : conservons-en le souvenir : soyons de la race de ceux qui ne laissaient rien mourir.