Page:Froment - Notice historique sur L'Abord-à-Plouffe, c1920.djvu/38

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travail dans ce cœur un peu bouleversé… Enfin la retraite est finie et les retraitants retournent dans leur logis.

Au soir de ce jour mémorable dans un presbytère souvent isolé, un homme veille avec son curé. On parle, on rit, on fume… Cet homme c’est notre homme en question. Conscient de son devoir désormais il est venu réparer ses fautes en se jetant aux genoux de celui à qui il avait causé tant l’embarras dans le passé. Et pour donner un témoignage de sa réelle bonne foi : « tiens M. le curé, cet argent ($3000, ou $4000) c’est pour votre église et priez pour moi ». Cette transformation opérée, notre homme devint le meilleur ami de toutes les œuvres paroissiales par la suite. La Maison des Retraites fermées a transformé ainsi un si grand nombre de personnes, parfois haut placées, qu’il serait inutile de chercher à les compter.

Honneur insigne donc pour l’Abord-à-Plouffe que d’avoir dans son sein une œuvre semblable. Et d’ailleurs en y venant s’établir les Jésuites venaient chez eux. En 1637 le sieur Huaut de Montmagny, digne successeur de Champlain, prit possession de l’île au nord de la Rivière des Prairies, écrit le Père Le Jeune, et l’île « Montmagny » fut ensuite, par lui, cédée aux Jésuites, on l’appela alors île Jésus. En 1672, l’intendant Talon voyant que les Jésuites n’avaient pas fait les défrichements voulus par la loi, reprit l’île Jésus et après avoir fait une réserve d’une lieue en faveur des mêmes Jésuites il la céda à Monseigneur de Laval en échange