Page:Fromentin - Dominique, 1863.djvu/26

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et le dernier rayon qui venait du couchant accompagna jusque chez lui ce ménage heureux.

Le docteur m’apprit alors en quelques mots que M. Dominique de Bray — on l’appelait M. Dominique tout court en vertu d’un usage amical adopté par les familiarités du pays — était un gentilhomme de l’endroit, maire de la commune, et qui devait cette charge de confiance moins encore à son influence personnelle, car il ne l’exerçait que depuis peu d’années, qu’à l’ancienne estime attachée à son nom ; qu’il était très-secourable aux malheureux, très-aimé et fort bien vu de tous, quoiqu’il n’eût point de ressemblance avec ses administrés que par la blouse, quand il en portait.

« C’est un aimable homme, ajouta le docteur, seulement un peu sauvage, excellent, simple et discret, qui se répand beaucoup en services, peu en paroles. Tout ce que je puis vous dire de lui, c’est que je lui connais autant d’obligés qu’il y a d’habitants dans la commune. »

La soirée qui suivit cette journée champêtre fut si belle et si parfaitement limpide, qu’on aurait pu se croire encore au milieu de l’été. Je m’en souviens surtout à cause d’un certain accord d’impressions qui fixe à la fois les souvenirs, même les moins frappants, sur tous les points sensibles