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L’HOMME À L’HISPANO

Mais il entra. Elle vit ce beau visage, cette grâce charmante, ce clair regard, ce je ne sais quoi de frémissant qu’elle n’avait vu à personne. Brusquement, elle fut avertie. Elle sentit un vague effroi, peut-être une espérance, en tout cas un trouble inconnu.

Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue,
Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue.
Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler.
Je sentis tout mon corps et transir et brûler…


Il se trouva que Stéphane dut rester longtemps dans le salon. Sa propre voiture, qu’elle avait envoyée à Bayonne, chez un fournisseur, ne revenait pas. Enfin, elle résolut de partir, devant aller jusqu’à Anglet pour y faire une autre visite.

La voyant gênée d’être sans véhicule, Deléone — c’est Deléone qui avait parlé — Deléone propose à Stéphane l’auto de Dewalter… Dewalter n’avait rien dit. Elle accepta.

Elle se fit d’abord conduire à Bayonne. Dewalter avait demandé la permission de monter auprès d’elle. Il n’avait rien à faire : ses devoirs présentés à la femme de son ami, il avait pensé lui plaire en la laissant à son mari. Ils s’étaient donc trouvés seuls, Stéphane et lui, dans la voiture et, déjà, ils ne disaient pas un mot. Ils n’osaient plus. Tandis que Stéphane s’étonnait, Georges Dewalter trembla. Sur sa face nette, le sourire se dessina quelques minutes, le sourire habituel, un peu