Page:Furetière - Le Roman bourgeois.djvu/22

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Nous nous féliciterons, quel qu’en soit le succès, d’avoir remis en lumière un des livres les plus curieux et les plus estimables, comme aussi des plus injustement oubliés, de la littérature françoise.

Charles ASSELINEAU.

UN MOT SUR L’ORTHOGRAPHE DE CETTE ÉDITION.

Les philologues qui publient d’anciens ouvrages suivent ordinairement, quant à l’orthographe, l’un des deux systèmes que voici : ou ils adoptent invariablement l’orthographe de Voltaire, et font rimer les lois avec les Français, ou ils reproduisent scrupuleusement l’orthographe de l’original, avec toutes ses irrégularités, avec ces bizarreries qui rendent souvent la lecture pénible et rebutante. Ils commenceraient ainsi le Roman bourgeois : Ie chante les amours et les aduantures de plusieurs bourgeois de Paris de l’vn et l’autre sexe. Nous n’avons pu nous résoudre à suivre, pour les publications d’anciens livres que nous offrons au public, ni l’un ni l’autre de ces systèmes. Nous imprimons les François, comme on imprimait autrefois ; mais nous imprimons je et un, comme on a toujours prononcé. À part cette substitution du j à l’i, du v à l’u, et vice versa, nous reproduisons exactement l’orthographe des ouvrages antérieurs au XVIIe siècle, parceque ces ouvrages, pleins de tournures et d’expressions vieillies, perdraient beaucoup de leur charme à être habillés à la moderne. Quant aux ouvrages du XVIIe siècle, qui ne contiennent guère que des mots encore familiers à tout le monde, nous imprimons à peu près selon les règles de l’Académie. Il est d’ailleurs à remarquer que l’orthographe, ordinairement assez régulière et parfois très savante au XVIe siècle, était devenue, au XVIIe, extrêmement arbitraire, incohérente, irrégulière, si bien que le même mot s’imprimait, dans la même page, de trois ou quatre manières différentes.

Pour le Roman bourgeois, écrit dans la seconde moitié du XVIIe siècle, nous comptions suivre une orthographe régulière. Les deux jeunes érudits qui ont bien voulu se charger de la direction littéraire nous ont fait observer que Furetière, comme lexicographe éminent, méritait une exception, et devait être reproduit littéralement. L’observation était juste, et nous avons cédé. C’était d’ailleurs un moyen de poser nettement la question devant le public. En attendant sa décision, nous suivrons, pour nos autres publications, notre méthode ordinaire.

P. Jannet.