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JEAN RIVARD

de colons, c’est aussi le désir de s’agrandir, d’acheter de nouvelles propriétés, de posséder de grandes étendues de terrain, qu’ils ne peuvent mettre en culture. Cette manie déplorable est la cause que certains défricheurs, d’ailleurs intelligents, passent une grande partie de leur vie dans des embarras pécuniaires, et finissent quelquefois par être forcés de vendre et se ruiner complètement. Le bon sens ne devrait-il pas leur dire que le capital employé à l’acquisition de terrains incultes ou mal cultivés, est un capital enfoui dans le sol, qui non seulement ne produit rien, mais assujéti à de nouvelles taxes, et nuit à la mise en valeur des terres qu’ils possèdent déjà. Avec un pareil système, plus on possède, plus on est pauvre.

« Quand un cultivateur désire placer une somme d’argent, je l’engage de toutes mes forces à améliorer sa propriété, à faire l’achat de beaux animaux, à réparer ses bâtiments de ferme, s’ils sont insuffisants ou mal aérés, à se procurer de meilleurs instruments d’agriculture, ou à faire des travaux d’irrigation ou d’assainissement, s’ils sont nécessaires.

Celui qui emprunte pour acheter, lorsqu’il possède déjà plus qu’il ne peut cultiver, est un imprudent, et on peut, à coup sûr, prédire sa ruine dans un avenir plus ou moins prochain.

« J’évite autant que possible les petites dépenses inutiles qui ne paraissent rien, mais qui au bout de l’année forment une somme assez ronde. Je suis ami de l’ordre et de l’économie, parce que sans cela il n’y a point d’indépendance.

« Je mets aussi en pratique certaines maximes économiques et philosophiques que d’autres ont pratiquées avant moi et dont je me trouve fort bien,