Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/100

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— Je viens de l’envoyer chercher.

L’avocat s’était assis devant son bureau et remettait en ordre, suivant leurs dates, les lettres éparpillées. Il ne semblait plus se souvenir de l’avis demandé à son vieil ami ; il ne paraissait nullement disposé à renouer l’entretien interrompu. Ce n’était pas l’affaire du père Tabaret.

— Plus je songe à votre histoire, mon cher Noël, commença-t-il, plus elle me surprend. Je ne sais en vérité quel parti je prendrais, ni à quoi je me résoudrais à votre place.

— Oui, mon ami, murmura tristement l’avocat, il y a là de quoi confondre des expériences plus profondes encore que la vôtre.

Le vieux policier réprima difficilement le fin sourire qui lui montait aux lèvres.

— Je le confesse humblement, dit-il, prenant plaisir à charger son air de niaiserie, mais vous, qu’avez-vous fait ? Votre premier mouvement a dû être de demander une explication à madame Gerdy ?

Noël eut un tressaillement que ne remarqua pas le père Tabaret, tout préoccupé du tour qu’il voulait donner à la conversation.

— C’est par là, répondit-il, que j’ai commencé.

— Et que vous a-t-elle dit ?

— Que pouvait-elle dire ? N’était-elle pas accablée d’avance ?

— Quoi ! elle n’a pas essayé de se disculper ?