Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/114

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— Canaille ! gronda le bonhomme entre ses dents.

— Vous dites ? interrogea Noël.

— Je dis que c’est un brave jeune homme, répondit le père Tabaret, et je serais enchanté de faire sa connaissance.

— Je ne lui ai pas montré la lettre de rupture, ajouta Noël ; il vaut autant qu’il ignore la conduite de madame Gerdy. Je me suis privé volontairement de cette preuve plutôt que de lui causer un très-violent chagrin.

— Et maintenant ?…

— Que faire ? J’attends le retour du comte. Selon ce qu’il dira, j’agirai. Je passerai demain au parquet pour demander l’examen des papiers de Claudine. Si les lettres se retrouvent, je suis sauvé, sinon… Mais, je vous l’ai dit, je n’ai pas de parti pris depuis que je sais cet assassinat. Qui me conseillera ?

— Le moindre conseil demande de longues réflexions, répondit le bonhomme, qui songeait à la retraite. Hélas ! mon pauvre enfant, quelle vie vous avez dû mener !…

— Affreuse. Et joignez à cela des inquiétudes d’argent.

— Comment ! vous qui ne dépensez rien.

— J’ai pris des engagements. Puis-je toucher à la fortune commune que j’administrais jusqu’ici ? Je ne le pense pas.

— Vous ne le devez pas. Et tenez, je suis ravi que