Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/142

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se marier, par hasard ? Ah ! si je le savais !… Tu m’ennuies, mon bonhomme, et je compte bien te laisser en plan un de ces matins, mais je ne te permets pas de me quitter le premier. S’il se mariait ?… C’est que je ne souffrirai pas cela. On ira aux informations…

Mais Noël n’écoutait pas aux portes. Il descendit la rue de Provence aussi vite que possible, gagna la rue Saint-Lazare et rentra comme il était sorti, par la porte de la remise.

Il était à peine installé dans son cabinet depuis cinq minutes lorsqu’on frappa.

— Monsieur, disait la bonne, au nom du ciel ! monsieur, parlez-moi !

Il ouvrit la porte en disant avec impatience :

— Qu’est-ce encore ?

— Monsieur, balbutia la domestique tout en pleurs, voici trois fois que je cogne et que vous ne répondez pas. Venez, je vous en supplie, j’ai peur, madame va mourir.

L’avocat suivit la bonne jusqu’à la chambre de madame Gerdy. Il dut la trouver horriblement changée, car il ne put retenir un mouvement d’effroi.

La malade, sous ses couvertures, se débattait furieusement. Sa face était d’une pâleur livide, comme si elle n’eût plus eu une goutte de sang dans les veines, et ses yeux, qui brillaient d’un feu sombre, sem-