Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/141

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Ce sera le dernier, je te le jure.

— Noël, mon bonhomme, reprit la jeune femme d’un ton sérieux, tu me caches quelque chose. Je te connais, tu le sais, depuis plusieurs jours, tu as je ne sais quoi, tu es tout changé.

— Je t’affirme…

— N’affirme rien, je ne te croirais pas. Seulement, pas de mauvaise plaisanterie, je te préviens, je suis femme à me venger.

L’avocat, bien évidemment, était fort mal à l’aise.

— L’affaire en question, balbutia-t-il, peut aussi bien échouer que réussir…

— Assez ! interrompit Juliette. Ta volonté sera faite, je te le promets. Allons, monsieur, embrassez-moi, je vais me mettre au lit.

La porte n’était pas refermée sur Noël que Charlotte était installée sur le divan près de sa maîtresse. Si l’avocat eût été à la porte, il eût pu entendre madame Juliette qui disait :

— Non, décidément, je ne puis plus le souffrir. Quelle scie ! mon enfant, que cet homme-là ! Ah ! s’il ne me faisait pas si peur, comme je le lâcherais. C’est qu’il serait capable de me tuer !

La femme de chambre essaya de défendre Noël, mais en vain ; la jeune femme n’écoutait pas ; elle murmurait :

— Pourquoi s’absente-t-il et que complote-t-il ? Une éclipse de huit jours, c’est louche. Voudrait-il