Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/146

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une maladie commune, en dépit de l’importance et de la continuité des fonctions du cerveau. Quelles causes l’ont déterminée ? Ce ne sont pas des lésions du cerveau ni de la boîte osseuse, ce seront donc de violentes affections de l’âme, un immense chagrin, une catastrophe imprévue…

Noël interrompit son ami du geste et l’attira dans l’embrasure de la croisée.

— Oui, mon ami, dit-il à voix basse, madame Gerdy vient d’être éprouvée par de mortels chagrins ; elle est dévorée d’angoisses affreuses. Écoute, Hervé, je vais confier à ton honneur, à ton amitié, notre secret : madame Gerdy n’est pas ma mère ; elle m’a dépouillé, pour faire profiter son fils de ma fortune et de mon nom. Il y a trois semaines que j’ai découvert cette fraude indigne ; elle le sait, les suites l’épouvantent, et depuis elle meurt minute par minute.

L’avocat s’attendait à des exclamations, à des questions de son ami. Mais le docteur reçut sans broncher cette confidence, il la prenait comme un simple renseignement indispensable pour éclairer ses soins.

— Trois semaines, murmura-t-il, tout s’explique. A-t-elle paru souffrir pendant ce temps ?

— Elle se plaignait de violents maux de tête, d’éblouissements, d’intolérables douleurs d’oreille ; elle attribuait tout cela à des migraines. Mais ne me ca-