Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/152

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


baret, mêlé à un procès scandaleux, compromis, ridiculisé.

— Quand je pense, poursuivit-il, que mon Gévrol court après l’homme aux boucles d’oreilles ! Trime, mon garçon, trime, les voyages forment la jeunesse. Sera-t-il assez vexé ! Il va m’en vouloir à la mort. Je m’en moque un peu ! Si on voulait me faire des misères, M. Daburon me protégerait. En voilà un à qui je vais tirer une épine du pied. Je le vois d’ici, ouvrant des yeux comme des soucoupes, quand je lui dirai : « Je le tiens ! » Il pourra se vanter de me devoir une fière chandelle. Ce procès va lui faire honneur ou la justice n’est pas la justice. On va le nommer au moins officier de la Légion d’honneur. Tant mieux ! Il me revient, ce juge-là. S’il dort je vais lui servir un agréable réveil. Va-t-il m’accabler de questions ! Il voudra connaître des fins, trouver la petite bête.

Le père Tabaret, qui traversait le pont des Saints-Pères, s’arrêta brusquement.

— Des détails ! dit-il, c’est que je n’en ai pas ; je ne sais la chose qu’en gros.

Il se remit à marcher en continuant :

— Ils ont raison, là-bas, je suis trop passionné ; je m’emballe, comme dit Gévrol. Tandis que je tenais Noël, je devais lui tirer les vers du nez, lui extraire une infinité de renseignements utiles, je n’y ai pas seulement songé. Je buvais ses paroles ; j’aurais vou-