Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/19

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


est frotté. Y avait-il des empreintes de pas, monsieur le commissaire ?

— Je dois avouer que nous ne nous en sommes pas occupés.

— Ah ! fit le chef de la sûreté d’un ton dépité, c’est bien fâcheux.

— Attendez, reprit le commissaire, il est encore temps d’y voir, non dans cette pièce mais dans l’autre. Nous n’y avons rien dérangé absolument. Mes pas et ceux du brigadier seraient aisés à distinguer. Voyons.

Comme le commissaire ouvrait la porte de la seconde chambre, Gévrol l’arrêta.

— Je demanderai à monsieur le juge, dit-il, de me permettre de tout bien examiner avant que personne entre, c’est important pour moi.

— Certainement, approuva M. Daburon.

Gévrol passa le premier, et tous, derrière lui, s’arrêtèrent sur le seuil. Ainsi ils embrassaient d’un coup d’œil le théâtre du crime.

Tout, ainsi que l’avait constaté le commissaire, semblait avoir été mis sens dessus dessous par quelque furieux.

Au milieu de la chambre était une table dressée. Une nappe fine, blanche comme la neige, la recouvrait. Dessus se trouvaient un magnifique verre de cristal taillé, un très-beau couteau et une assiette de porcelaine. Il y avait encore une bouteille de vin à