Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/199

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Il se promit de recommander cette fille à l’indulgence du tribunal et d’atténuer autant qu’il le pourrait le crime dont elle s’était rendue coupable.

Lui-même venait de se décider à commettre un crime.

Il était résolu à tuer M. Albert de Commarin.

Pendant le reste de la nuit il ne fit que s’affermir dans cette résolution, se démontrant par mille raisons folles, qu’il trouvait solides et indiscutables, la nécessité et la légitimité de cette vengeance.

Sur les sept heures du matin il se trouvait dans une allée du bois de Boulogne, non loin du lac. Il gagna la porte Maillot, prit une voiture et se fit conduire chez lui.

Le délire de la nuit continuait, mais sans souffrance. Il ne sentait aucune fatigue. Calme et froid, il agissait sous l’empire d’une hallucination, à peu près comme un somnambule.

Il réfléchissait et raisonnait, mais ce n’était pas avec sa raison.

Chez lui, il se fit habiller avec soin, comme autrefois lorsqu’il devait aller chez la marquise d’Arlange, et sortit.

Il passa d’abord chez un armurier et acheta un petit revolver qu’il fit charger avec soin sous ses yeux et qu’il mit dans sa poche. Il se rendit ensuite chez les personnes qu’il supposait capables de lui apprendre de quel club était le vicomte. Nulle part