Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/233

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noms qui nous restent finiront sur des enseignes. Et ce sera bien fait. Ce qui me console, c’est qu’alors le paysan, maître de nos domaines, sera tout puissant, et qu’il attellera à ses voitures ces bourgeois qu’il hait autant que je les exècre moi-même.

La voiture, en ce moment, s’arrêtait dans la cour, après avoir décrit ce demi-cercle parfait, la gloire des cochers qui ont gardé la bonne tradition.

Le comte descendit le premier et, appuyé sur le bras de son fils, il gravit les marches du perron.

Dans l’immense vestibule, presque tous les domestiques en grande livrée formaient la haie.

Le comte leur donna un coup d’œil en traversant, comme un officier à ses soldats avant la parade. Il parut satisfait de leur tenue et gagna ses appartements, situés au premier étage, au-dessus des appartements de réception.

Jamais, nulle part, maison ne fut mieux ordonnée que celle du comte de Commarin, maison considérable, car la fortune lui permettait de soutenir un train à éblouir plus d’un principicule allemand.

Il possédait, à un degré supérieur, le talent, il faudrait dire l’art, beaucoup plus rare qu’on ne le suppose, de commander à une armée de valets. Selon Rivarol, il est une façon de dire à un laquais : « Sortez ! » qui affirme mieux la race que cent livres de parchemins.

Les domestiques si nombreux du comte n’étaient