Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/271

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à la place de monsieur le vicomte, remercierais mon père un peu proprement.

— Joseph, mon ami, fit sentencieusement le valet de pied, vous n’êtes qu’un sot. Que vous envoyiez promener votre papa, vous, c’est tout naturel, vous n’attendez pas cinq sous de lui et vous savez déjà gagner votre pain sans travailler, mais monsieur le vicomte ! Sauriez-vous me dire à quoi il est bon et ce qu’il sait faire ? Mettez-le-moi au milieu de Paris avec ses deux belles mains pour capital, et vous verrez…

— Tiens ! il a le bien de sa mère, riposta Joseph, qui était Normand.

— Enfin, reprit le valet de chambre, je ne sais pas de quoi monsieur le comte peut se plaindre, vu que son fils est un modèle à ce point que je ne serais pas fâché d’en avoir un pareil. C’était une autre paire de manches quand j’étais chez le marquis de Courtivois. En voilà un qui avait le droit de n’être pas content tous les matins. Son aîné, qui vient quelquefois ici, étant l’ami de monsieur le vicomte, est un vrai puits sans fond pour l’argent. Il vous grille un billet de mille plus lestement que Joseph une pipe.

— Le marquis n’est pourtant pas riche, fit un petit vieux qui devait placer ses gages à la quinzaine ; qu’est-ce qu’il peut avoir ? Une soixantaine de mille livres de rentes, au plus, au plus.

— C’est justement pour cela qu’il enrage. Tous