Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/287

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table pour le greffier, un fauteuil et quelques chaises, voilà tout l’ameublement de l’antichambre de la cour d’assises. Les murs sont tendus de papier vert, les rideaux sont verts, à terre se trouve un méchant tapis de même couleur. Le cabinet de M. Daburon portait le numéro 15.

Dès neuf heures du matin, il y était arrivé et il attendait. Son parti pris, il n’avait pas perdu une minute, comprenant aussi bien que le père Tabaret la nécessité d’agir rapidement. Ainsi, il avait vu le procureur impérial et s’était entendu avec les officiers de la police judiciaire.

Outre le mandat décerné contre Albert, il avait expédié des mandats de comparution immédiate au comte de Commarin, à madame Gerdy, à Noël et à quelques gens au service d’Albert.

Il tenait essentiellement à interroger tout ce monde avant d’arriver à l’inculpé.

Sur ses ordres, dix agents s’étaient mis en campagne, et il était là, dans son cabinet, comme un général d’armée qui vient d’expédier ses aides de camp pour engager la bataille et qui espère la victoire de ses combinaisons.

Souvent, à pareille heure, il s’était trouvé dans ce même cabinet avec des conditions identiques. Un crime avait été commis, il pensait avoir découvert le coupable, il avait donné l’ordre de l’arrêter. N’était-ce pas son métier ? Mais jamais il n’avait éprouvé