Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/295

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péril. Puis il est bien cruel d’être contraint de soulever le voile qui recouvre des secrets douloureux et dont la révélation peut quelquefois…

M. Daburon interrompit d’un geste. L’accent triste de Noël l’impressionnait. Sachant d’avance ce qu’il allait entendre, il souffrait pour le jeune avocat. Il se retourna vers son greffier.

— Constant ! dit-il avec une certaine inflexion de voix.

Cette intonation devait être un signal, car le long greffier se leva méthodiquement, passa sa plume derrière son oreille et sortit d’un pas mesuré.

Noël parut sensible à la délicatesse du juge d’instruction. Son visage exprima la plus vive reconnaissance, son regard rendit grâce.

— Combien je vous suis obligé, monsieur, dit-il avec un élan contenu, de votre généreuse attention ! Ce que j’ai à dire est pénible, mais devant vous, maintenant, c’est à peine s’il m’en coûtera de parler.

— Soyez sans crainte, reprit le juge, je ne retiendrai de votre déposition, mon cher maître, que ce qui me semblera tout à fait indispensable.

— Je me sens peu maître de moi, monsieur, commença Noël, soyez indulgent pour mon trouble. Si quelque parole m’échappe qui vous semble empreinte d’amertume, excusez-la, elle sera involontaire. Jusqu’à ces jours passés, j’ai cru que j’étais un