Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/305

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ces lenteurs perdent la justice ! Si tout le monde était de mon avis, le châtiment des coquins ne traînerait pas si longtemps. Sitôt pris, sitôt pendu. Et voilà.

M. Daburon s’était résigné à laisser passer cette trombe de paroles. Quand l’exaltation du bonhomme fut un peu usée, il commença seulement à l’interroger. Il eut encore assez de peine à obtenir des détails précis sur l’arrestation, détails que devait confirmer le procès-verbal du commissaire de police.

Le juge parut très-surpris en apprenant qu’Albert, à la vue du mandat, avait dit : « Je suis perdu ! »

— Voilà, murmura-t-il, une terrible charge.

— Certes ! reprit le père Tabaret. Jamais, dans son état normal, il n’eût laissé échapper ces mots qui le perdent, en effet. C’est que nous l’avions saisi mal éveillé. Il ne s’était pas couché. Il dormait d’un mauvais sommeil sur un canapé quand nous sommes arrivés. J’avais eu soin de laisser filer en avant et de suivre de très-près un domestique dont l’épouvante l’a démoralisé. Tous mes calculs étaient faits. Mais, soyez sans crainte, il trouvera pour son exclamation malheureuse une explication plausible. Je dois ajouter que près de lui, par terre, nous avons trouvé toute froissée la Gazette de France de la veille, qui contenait la nouvelle de l’assassinat. Ce sera la