Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/314

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nument de ma folie, les lettres qu’elle m’écrivait en ce temps ; je les relisais cette nuit même. Comment ne me suis-je rendu ni à ses raisons ni à ses prières ? C’est que j’étais frappé de vertige. Elle avait comme le pressentiment du malheur qui m’accable aujourd’hui. Mais je vins à Paris, mais j’avais sur elle un empire absolu : je menaçai de la quitter, de ne jamais la revoir, elle céda. Un valet à moi et Claudine Lerouge furent chargés de cette coupable substitution. C’est donc le fils de ma maîtresse qui porte le titre de vicomte de Commarin et qu’on est venu arrêter il y a une heure.

M. Daburon n’espérait pas une déclaration si nette, ni surtout si prompte. Intérieurement il se réjouit pour le jeune avocat, dont les nobles sentiments avaient fait sa conquête.

— Ainsi, monsieur le comte, dit-il, vous reconnaissez que Me Noël Gerdy est né de votre légitime mariage et que seul il a le droit de porter votre nom ?

— Oui, monsieur. Hélas ! autrefois je me suis réjoui du succès de mes projets comme de la plus heureuse victoire. J’étais si enivré de la joie d’avoir là, près de moi, l’enfant de ma Valérie, que j’oubliais tout. J’avais reporté sur lui une partie de mon amour pour sa mère, ou plutôt je l’aimais davantage encore, s’il est possible. La pensée qu’il porterait mon nom, qu’il hériterait de tous mes biens, au dé-