Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/32

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ont dû descendre à terre et aller au cabaret. Je m’informerai. Mais comment était ce patron Gervais, mon petit ami ?

— Comme tous les mariniers d’ici, monsieur.

Le petit garçon se préparait à sortir, le juge le rappela.

— Avant de partir, mon enfant, dis-moi si tu as parlé à quelqu’un de ta rencontre avant aujourd’hui ?

— Monsieur, j’ai tout dit à maman, le dimanche en revenant de l’église, je lui ai même remis les dix sous de l’homme.

— Et tu nous as bien avoué toute la vérité ? continua le juge. Tu sais que c’est une chose très-grave que d’en imposer à la justice. Elle le découvre toujours, et je dois te prévenir qu’elle réserve des punitions terribles pour les menteurs.

Le petit témoin devint rouge comme une cerise et baissa les yeux.

— Tu vois, insista M. Daburon, tu nous as dissimulé quelque chose. Tu ignores donc que la police connaît tout ?

— Pardon ! monsieur, s’écria l’enfant en fondant en larmes, pardon, ne me faites pas de mal, je ne recommencerai plus !

— Alors, dis en quoi tu nous as trompés.

— Eh bien ! monsieur, ce n’est pas dix sous que l’homme m’a donnés, c’est vingt sous. J’en ai avoué