Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/328

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et la reconnaissance, pour être parfaite, n’aurait plus qu’à attendre la consécration des tribunaux.

La roideur de l’un, le trouble de l’autre, déconcertaient ses prévisions. Il se crut obligé à une intervention plus pressante.

— Monsieur le comte, dit-il d’un ton de reproche, vous reconnaissiez, il n’y a qu’un instant, que M. Gerdy est votre fils légitime.

M. de Commarin ne répondit pas ; on pouvait douter, à son immobilité, qu’il eût entendu. C’est Noël qui, rassemblant tout son courage, osa parler le premier.

— Monsieur, balbutia-t-il, je ne vous en veux pas…

— Vous pouvez dire : mon père, interrompit le hautain vieillard d’un ton qui n’avait certes rien d’ému ni rien de tendre.

Puis s’adressant au juge :

— Vous suis-je encore de quelque utilité, monsieur ? demanda-t-il.

— Il vous reste, répondit M. Daburon, à écouter la lecture de votre déposition et à signer, si vous trouvez la rédaction conforme. Allez, Constant, ajouta-t-il.

Le long greffier fit exécuter à sa chaise un demi-tour et commença. Il avait une façon à lui toute particulière de bredouiller ce qu’il avait gribouillé. Il lisait très-vite, tout d’un trait, sans tenir compte