Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/337

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XII


Entre l’hôtel de Commarin et « le secret » de la prison, il n’y avait pas eu, pour ainsi dire, de transition pour Albert.

Arraché à des songes pénibles par cette rude voix du commissaire, disant : « Au nom de la loi, je vous arrête ! » son esprit jeté hors du possible devait être longtemps à reprendre son équilibre.

Tout ce qui suivit son arrestation lui paraissait flotter à peine distinct, au milieu d’un brouillard épais, comme ces scènes de rêve qu’on joue au théâtre, derrière un quadruple rideau de gaze.

On l’avait interrogé, il avait répondu sans entendre le son de ses paroles. Puis deux agents l’avaient pris sous les bras et l’avaient soutenu pour descendre le grand escalier de l’hôtel. Seul il ne l’eût pu. Ses jambes qui fléchissaient plus molles que du coton,