Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/356

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— Je suis bien malheureux, monsieur, mais je n’ai pas de réflexions à faire.

La surprise de M. Daburon était profonde. Quoi ! pas d’alibi, rien ! Ce ne pouvait être un piège ni un système de défense. Était-ce donc là cet homme si fort ? Sans doute. Seulement il était pris au dépourvu. Jamais il ne s’était imaginé qu’il fût possible de remonter jusqu’à lui. Et pour cela, en effet, il avait fallu quelque chose comme un miracle.

Le juge enlevait lentement et une à une les grandes feuilles de papier qui recouvraient les pièces de conviction saisies chez Albert.

— Nous allons passer, reprit-il, à l’examen des charges qui pèsent sur vous ; veuillez vous approcher. Reconnaissez-vous ces objets pour vous appartenir ?

— Oui, monsieur, tout ceci est à moi.

— Bien. Prenons d’abord ce fleuret. Qui l’a brisé ?

— Moi, monsieur, en faisant assaut avec M. de Courtivois, qui pourra en témoigner.

— Il sera entendu. Et qu’est devenu le bout cassé ?

— Je ne sais. Il faudrait sur ce point interroger Lubin, mon valet de chambre.

— Précisément. Il a déclaré avoir cherché ce morceau sans parvenir à le retrouver. Je vous ferai remarquer que la victime a dû être frappée avec un bout de fleuret démoucheté et aiguisé. Ce morceau d’étoffe sur lequel l’assassin a essuyé son arme en est une preuve.