Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/372

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


Noël obéit.

— Vous retrouvez votre père, fit à demi-voix M. de Commarin, mais je dois vous prévenir que du même coup vous perdez votre liberté.

La voiture partit, et alors seulement le comte remarqua que Noël avait modestement pris place sur la banquette de devant. Cette humilité parut lui déplaire beaucoup.

— À mes côtés, donc, dit-il ; êtes-vous fou, monsieur ! N’êtes-vous pas mon fils !

L’avocat, sans répondre, s’assit près du terrible vieillard, se faisant aussi petit que possible.

Il avait reçu un terrible choc chez M. Daburon, car il ne lui restait rien de son assurance habituelle, de ce sang-froid un peu raide sous lequel il dissimulait ses émotions. Par bonheur la course lui donna le temps de respirer et de se rétablir un peu.

Entre le Palais-de-Justice et l’hôtel, pas un mot ne fut échangé entre le père et le fils.

Lorsque la voiture s’arrêta devant le perron et que le comte en descendit aidé par Noël, il y eut comme une émeute parmi les domestiques.

Ils étaient, il est vrai, peu nombreux, à peine une quinzaine, presque toute la livrée ayant été mandée au Palais. Mais le comte et l’avocat avaient à peine disparu que tous ils se trouvèrent, comme par enchantement réunis dans le vestibule. Il en était venu du jardin et des écuries, de la cave et des cuisines.