Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/379

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pour vous poser de mon mieux, que vous devez tenir un état de maison plus important ; ceci me regarde. En outre, je porterai votre pension mensuelle à six mille francs, que je vous engage à dépenser le plus noblement possible, en vous donnant le moins de ridicule que vous pourrez. Je ne saurais trop vous exhorter à la plus grande circonspection. Surveillez-vous, pesez vos paroles, raisonnez vos moindres démarches. Vous allez devenir le point de mire des milliers d’oisifs impertinents qui composent notre monde ; vos bévues feraient leurs délices. Tirez-vous l’épée ?

— Je suis de seconde force.

— Parfait ! Montez-vous à cheval ?

— Du tout, mais dans six mois je serai bon cavalier ou je me serai cassé le cou.

— Il faut devenir cavalier et ne se rien casser. Poursuivons. Naturellement vous n’occuperez pas l’appartement d’Albert, il sera muré dès que je serai débarrassé des gens de police. Dieu merci ! l’hôtel est vaste. Vous habiterez l’autre aile et on arrivera chez vous par un autre escalier. Gens, chevaux, voitures, mobilier, tout ce qui était au service ou à l’usage du vicomte va, coûte que coûte, être remplacé d’ici quarante-huit heures. Il faut que le jour où on vous verra vous ayez l’air installé depuis des siècles. Ce sera un esclandre affreux ; je ne sais pas de moyen de l’éviter. Un père prudent vous enverrait passer