Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/389

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— Personne, monsieur.

Il parut délivré d’une lourde inquiétude et continua d’un ton plus calme :

— Et le docteur ?

— Il a fait une visite ce matin, répondit la domestique, en l’absence de monsieur, et il n’a pas eu l’air content du tout. Il est revenu tout à l’heure et il est encore là.

— Très-bien ! je vais lui parler. Si quelqu’un me demande faites entrer dans mon cabinet dont voici la clé, et appelez-moi.

En entrant dans la chambre de madame Gerdy, Noël put d’un coup d’œil constater qu’aucun mieux n’était survenu pendant son absence.

La malade, les yeux fermés, la face convulsée, gisait étendue sur le dos. On l’aurait crue morte, sans les brusques tressaillements qui, par intervalles, la secouaient et soulevaient les couvertures.

Au-dessus de sa tête, on avait disposé un petit appareil rempli d’eau glacée qui tombait goutte à goutte sur son crâne et sur son front marbré de larges taches bleuâtres.

Déjà la table et la cheminée étaient encombrées de petits pots garnis de ficelles roses, de fioles à potions et de verres à demi vidés.

Au pied du lit, un morceau de linge taché de sang annonçait qu’on venait d’avoir recours aux sangsues.