Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/410

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— Je l’ignore, monsieur, répondit la bonne ; en tout cas, ce n’est pas moi qui l’ai prévenu.

— Comment, malheureuse ! en mon absence vous n’avez pas songé à l’avertir ! Courez chez lui bien vite ; qu’on le cherche, s’il n’y est pas ; qu’il vienne !

Plus tranquille désormais, Noël alla s’asseoir dans la chambre de la malade. La lampe était allumée, et la sœur allait et venait comme chez elle, remettant tout en place, essuyant, arrangeant. Elle avait un air de satisfaction qui n’échappa point à Noël.

— Aurions-nous quelque lueur d’espoir, ma sœur ? interrogea-t-il.

— Peut-être, répondit la religieuse. M. le curé est venu lui-même, monsieur ; votre chère maman ne s’est pas aperçue de sa présence ; mais il reviendra. Ce n’est pas tout, depuis que monsieur le curé est venu, les sinapismes prennent admirablement, la peau se rubéfie partout ; je suis sûre qu’elle les sent.

— Dieu vous entende, ma sœur !

— Oh ! je l’ai déjà bien prié, allez ! L’important est de ne pas la laisser seule une minute. Je me suis entendue avec la bonne. Quand le docteur sera venu, j’irai me coucher, et elle veillera jusqu’à une heure du matin. Je la relèverai alors…

— Vous vous reposerez, ma sœur, interrompit Noël d’une voix triste. C’est moi, qui ne saurais trouver une heure de sommeil, qui passerai la nuit.