Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/46

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— M. Tabaret, fit le juge, votre enquête est admirable, et je suis persuadé que vous êtes dans le vrai.

— Hein ! s’écria Lecoq, est-il assez colossal, mon papa Tirauclair !

— Pyramidal ! renchérit ironiquement Gévrol, je pense seulement que ce jeune homme très-bien devait être un peu gêné par un paquet enveloppé dans une serviette blanche et qui devait se voir de fort loin.

— Aussi ne l’a-t-il pas emporté à cent lieues, répondit le père Tabaret ; vous comprenez que pour gagner la station du chemin de fer il n’a pas eu la bêtise de prendre l’omnibus américain. Il s’y est rendu à pied, par la route plus courte du bord de l’eau. Or, en arrivant à la Seine, à moins qu’il ne soit plus fort encore que je ne le suppose, son premier soin a été d’y jeter ce paquet indiscret.

— Croyez-vous, papa Tirauclair ? demanda Gévrol.

— Je le parierais, et la preuve, c’est que j’ai envoyé trois hommes, sous la surveillance d’un gendarme, pour fouiller la Seine à l’endroit le plus rapproché d’ici. S’ils retrouvent le paquet, je leur ai promis une récompense.

— De votre poche, vieux passionné ?

— Oui, monsieur Gévrol, de ma poche.

— Si on trouvait ce paquet, pourtant ! murmura le juge.